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L'impunité : le maître-mot de l'histoire de l'industrie chimique

L’impunité : le maître-mot de l’histoire de l’industrie chimique.

 

Dans son livre «Un empoisonnement universel», le journaliste Fabrice Nicolino raconte l’histoire de l’industrie chimique, et explique comment elle a littéralement, et impunément, inondé nos vies de substances chimiques dangereuses.

 

L’héritage que nous a légué jusqu’ici l’industrie chimique, depuis son essor lors de la Première guerre mondiale, est d’au moins 90 millions de substances chimiques différentes.  Parmi elles, on trouve de nombreuses substances toxiques avérées, comme le DDT, les phtalates, le bisphénol-A : ce sont des substances cancérogènes et des perturbateurs endocriniens.  Il y en a encore des millions d’autres, non répertoriées, et dont les conséquences à long terme sont encore mal connues.

 

Ce livre traite de l’impact sanitaire des substances chimiques, omniprésentes dans notre vie quotidienne. Il constitue à la fois une histoire de la chimie de synthèse et un véritable réquisitoire contre l’industrie chimique.

 

Fabrice Nicolino est journaliste spécialisé dans les questions environnementales. 

//fr.wikipedia.org/wiki/Fabrice_Nicolino

 

 

La plupart des grands groupes chimiques d’aujourd’hui ont été créés au 19ième siècle, ont fait souvent fortune à l’occasion des guerres.

Aux Etats Unis, la Guerre de Sécession (1861-1865) a connu la fabrication de la poudre à canon par la firme chimique du Pont de Nemours (1802).

La première guerre mondiale a connu la synthèse de l’ammoniac (NH3), base des engrais agricoles, et aussi des explosifs et autres gaz toxiques, comme ceux utilisée lors de la guerre des tranchées, sur le front de l’Yser, en Belgique.

Les firmes Bayer AG (1863) et BASF (Badische Anilin und Soda Fabrik) (1865) sont les deux plus importants groupes agro-chimiques et pharmaceutiques au monde.  Elles ont, l’une et l’autre, contribué à l’invention et à l’utilisation des armes chimiques, comme le «Zyklon-B» (Bayer), utilisé dans les chambres à gaz nazies.  Elles sont aussi, comme Monsanto (1901), à l’origine des Organismes Génétiquement Modifiés (les OGM) qui empoisonnent également notre monde.

 

Selon le journaliste Fabrice Nicolino, le maître mot de toute l’histoire des industries agro-chimiques est celui d’impunité.

Ces industries arrivent à imposer aux gouvernements des produits qui ne répondent pas nécessairement à un besoin social existant.  La base de leur politique est de créer sans cesse des nouveaux produits, de nouveaux besoins, de nouvelles envies, ceci par l’intermédiaire de la  publicité. 

De plus, on n’accepte pas d’attendre les études des effets à long terme de ladite substance.  On se précipite sur la production de nouvelles substances sans se soucier des conséquences, dans la mesure où personne ne leur demande jamais aux industries de rendre des comptes.

C’est la base de notre hyperconsommation et de l’obsolescence programmée qui nous envahit.

 

L’American Chemical Society propose un répertoire mondial 50.000 substances chimiques considérées comme «publiquement dévoilés».  Or, à ce jour, on a répertorié près de 90 millions de substances différentes, non répertoriées officiellement et dont on ne sait quasiment rien.

 

En Europe, le programme «REACH» contrôle, depuis le 1/06/2007, l'enregistrement, l'évaluation, l'autorisation et les restrictions des substances chimiques.  Il semble que ce programme est insuffisant pour contrôler l’ensemble des substances chimiques.  En effet, ce programme ne concerne qu’environ 30.000 substances chimiques sur les 90 millions existants.  Selon le journaliste Fabrice Nicolino, il suffit aussi de voir la facilité avec laquelle certaines personnes peuvent passer des industries aux agences chargées de les superviser, et vice-versa.

 

On assiste, dans nos pays occidentaux, à une explosion de plusieurs maladies très graves, comme le cancer, le diabète ou Alzheimer.  En ce qui concerne le diabète en particulier, je constate personnellement que ces mêmes industries chimiques produisent parallèlement des médicaments pour réguler cette maladie et en font la publicité.

 

On sait que l’air à l’extérieur des habitations est pollué et donc considéré comme source de maladies, comme le cancer.  L’air à l’intérieur des maisons est, lui aussi, contaminé par de nombreuses substances chimiques, libérées à de petites doses par le mobilier, les peintures murales, les vernis, les colles et autres désodorisants du commerce.

 

Les effets des «perturbateurs endocriniens», comme les phtalates, le bisphénol A, et la plupart des retardateurs de flamme, sont déjà observés depuis de nombreuses années sur l’espèce humaine comme sur l’ensemble de la faune.  Mais, dans de nombreux pays, les programmes nationaux de recherches sur les perturbateurs endocriniens, pourtant créés en partenariat avec l’industrie, ne disposent souvent pas des moyens nécessaires pour agir efficacement.

Tous les experts sont inquiets de cette situation, mais force est de constater que les autorités concernées ne réagissent pas, estimant probablement que parler publiquement de ces problèmes impliquerait de revoir tous les processus industriels.

 

Pour le journaliste Fabrice Nicolino, il faut d’arrêter contamination, et, pour ce faire, il faut se débarrasser de l’industrie chimique, même s’il est indéniable que la chimie a rendu des services aux hommes, et continuera à en rendre.  Le problème est que, dans l’état actuel des connaissances humaines et de nos moyens de contrôle et d’analyse, nous ne sommes pas outillés pour évaluer les impacts cumulés de l’exposition à plusieurs produits chimiques différents, de leurs rencontres aléatoires.

 

 

Je me suis inspiré d’un article du journaliste Fabrice Nicolino , «Le maître mot de l’histoire de l’industrie chimique, c’est celui d’impunité», paru sur le site www.multinationale.org.

Je vous suggère vivement de consulter cet article, très complet, bien documenté et vraiment intéressant.

L’article :

//multinationales.org/Fabrice-Nicolino-Le-maitre-mot-de#nb1

 

 

Jacques Schwers

Le 3 octobre 2014

 



03/10/2014
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