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Les abeilles et les pesticides

Les abeilles et les pesticides

 

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Les abeilles dans leur ruche (Jardin Jean Massart)  Photo js (C)

 

La relation entre le déclin des abeilles et les pesticides n’est plus à prouver.

Une étude récente (2012) montre que le degré de sensibilité des abeilles face aux effets indésirables des pesticides varie selon les conditions environnementales.

En 2014, les chercheurs ont observé qu’un insecticide de la famille des ‘néonicotinoïdes’ perturbe leur capacité à se repérer, en particulier dans un paysage complexe et sous des conditions météorologiques défavorables.

 

 

En 2012, une étude avait été menée par l’Inra (Institut National de la Recherche Agronomique), en collaboration avec l’ACTA (Association de Coordination Technique Agricole), le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et l’ITSAP-Institut de l’abeille (1).

Cette étude avait démontré que, même à faibles doses, un insecticide pouvait perturber le sens de l’orientation des abeilles, et ainsi provoquer leur disparition lors de l’activité de butinage.

 

Ces mêmes Organismes viennent de publier, dans la revue Nature Communications du 10 juillet 2014, les résultats d’une étude complémentaire sur ce sujet, sous le titre : Pesticide risk assessment in free-ranging bees is weather and landscape dependent. (2)

 

La méthode de base consiste à suivre le cheminent d’une population d’abeilles grâce à des micro-puces électroniques de type RFID (Radio Frequency Identification) collées sur leur thorax.

Près d’un millier d’abeilles butineuses (Apis mellifera) ont ainsi été suivies individuellement.

Certaines d’entre-elles avaient été exposées à des doses non létales de ‘thiaméthoxame’, une molécule notamment utilisée dans la composition des pesticides Cruiser et Actara, fabriqués par le groupe agrochimique suisse ‘Syngenta’.

Les abeilles ont ensuite été relâchées à 1 kilomètre de leur ruche, une distance habituelle de butinage des abeilles domestiques.

 

L’expérimentation a été menée dans différents types d’environnement, conditions météorologiques et complexités paysagères.

Les abeilles utilisent la position du soleil ainsi que des arbres, des haies et des lisières forestières comme repères visuels pour retrouver le chemin de la ruche.

 

Les résultats publiés expriment une forte variabilité de non-retour à la ruche liée à l’environnement.

Ainsi selon les conclusions des chercheurs, «le pesticide induit un risque moyen de non-retour à la ruche augmentant de 3 % à 26 % lorsque les conditions météorologiques deviennent défavorables».

 

Ces résultats sont loin d’être neutres.  Ils peuvent, dans de nombreux cas, expliquer des taux de disparition de ruches bien au-dessus des moyennes nationales.

Pour information, lors de l’étude brute effectuée en 2012, les chercheurs avaient conclu que, combiné à la mortalité naturelle, l’effet du pesticide entraînait une mortalité journalière des butineuses de 20 à 50 % alors que le taux normal est estimé à environ 15 %.

 

Une fois de plus, nous constatons que nos butineuses sont mises en danger par les pesticides fabriqués par les grands groupes agrochimiques.

Cette disparition met en danger les pollinisations naturelles et, par voie de conséquence, l’alimentation humaine.  Elle provoque également la disparition des oiseaux insectivores et induisent donc un déséquilibre et une diminution de la biodiversité.

 

Il est plus que temps que nous réagissions, individuellement, ou au sein d’associations de défense de la Nature.  En Belgique, il existe, entre autres, l’association Pollinis. (http://www.pollinis.org/), spécialisée dans les abeilles.

 

 DSC_7225w.JPGCe sera peut-être la dernière abeille !!  photo js (C)

 

Cet article est adapté du site Univers-nature, que je vous suggère de consulter.

http://www.univers-nature.com/actualite/nature/abeilles-les-effets-des-pesticides-de-mieux-en-mieux-cernes-66239.html

 

Références :

(1)

http://www.itsap.asso.fr/downloads/communiques/cp_abeilles_insecticides_envt_10_07_2014.pdf

(2)

http://www.nature.com/ncomms/2014/140710/ncomms5359/full/ncomms5359.html

 

 

J’attends avec intérêt vos réactions et commentaires.  J’y répondrai avec plaisir.

 

Jacques Schwers

Le 21 juillet 2014

 



21/07/2014
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