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Les plantations de la Louisiane

Les plantations de la Louisiane

 

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La Louisiane

 

La Louisiane est un des 50 Etats fédérés des Etats -Unis.  Elle est limitée au nord par l'Arkansas, à l'est par l’Etat du Mississippi et le fleuve du même nom, au sud par le Golfe du Mexique, et à l'ouest par le Texas.

 

La Louisiane est drainée par le bassin versant du Mississippi, un fleuve de 3.780 km, qui constitue, avec son affluent, le Missouri, un des plus longs systèmes fluviaux du monde.

Dans sa partie inférieure, le fleuve coule en plaine alluviale et se caractérise par des méandres, mobiles au cours des temps.  Son cours se termine, après la Nouvelle Orléans, dans un très grand delta marécageux, régulièrement inondés.

 

La Louisiane est un État relativement pauvre, sudiste et de longue tradition démocrate, avec des clivages noirs-blancs importants.

La Louisiane est l’état le plus francophone des Etats-Unis (environ 7%), la langue principale restant l’anglais.  Dans la pratique, même dans le quartier dit « français » de la Nouvelle Orléans, nous avons eu, mon épouse et moi, beaucoup de peine à trouver un interlocuteur francophone.

 

Après avoir été Française, puis Espagnole, puis à nouveau Française la Louisiane devient, en 1812, le 18° État américain.  A partir de cette date, et jusque son abolition en 1865, l’esclavage est de rigueur dans les Etats du sud, dont la Louisiane.

 

Les plantations

 

L'agriculture a longtemps été très prospère grâce à son climat semi-tropical.  Sur les terres alluvionnaires, le long des méandres du fleuve Mississipi, on cultive du maïs, du riz, du coton et de la canne à sucre.

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Les premières plantations datent du début du 19° siècle, avant à la guerre de sécession (1861 – 1865).  Ces plantations étaient gérées essentiellement par des créoles blancs, c’est-à-dire des descendants plus ou moins métissés d’Acadiens (venant du Canada), de Français et d’Espagnols.  Le personnel d’exploitation est composé essentiellement d’esclaves créoles noirs, que l’on achetait ou vendait comme une marchandise.

En 1861, comme d'autres États esclavagistes, la Louisiane fit sécession, car elle ne voulait pas libérer ses esclaves.  La guerre de sécession, entre 1861 et 1865, aboutit à l’abolition de l’esclavage, et à la disparition de certaines plantations.

 

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C’est le long de ces méandres, entre la capitale Baton-Rouge et la Nouvelle Orléans, que se sont installées un grand nombre de plantations, essentiellement de canne à sucre, dont la Laura Plantation et la Oak Alley Plantation, que nous avons visité.

 

La Plantation Oak Alley (Allée des chênes)

 

 

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La plantation d'Oak Alley est un site historique des États-Unis, datant de 1837.  Il est situé, à North Vacherie, en Louisiane, sur la rive droite du fleuve Mississippi.

Pour les détails, voir le site

www.oakalleyplantation.com/

 

La plantation, qui s'appelait à l'origine ‘Bon-Séjour’, a été créée pour cultiver la canne à sucre.  Le bâtiment principal a été construit entre 1837 et 1839, en utilisant des esclaves comme main-d'œuvre.

Ce bâtiment, servant de logement pour les familles créoles blanches, est construit en bois, de styles mêlés d’architecture Créole et Caraïbe.  Il est organisé en carré, autour d’un couloir central partant de la façade avant vers l’arrière du bâtiment.

La maison dispose de hauts plafonds, de grandes fenêtres, d’une façade symétrique, et d’une galerie du deuxième étage pour observer les environs.  Le plancher d'origine était en marbre, et a été remplacé depuis par le plancher de bois.  La toiture est en ardoise.  Les murs et les colonnes extérieures sont de briques garnies de stuc.

L’agencement intérieur est relativement riche, avec du mobilier en bois vernis et de la belle vaisselle et des grandes tentures.

 

Devant les façades avant et arrière du bâtiment central, se trouvent deux allées des chênes, majestueux, multi-centenaires, avec leurs énormes troncs et leurs larges couronnes, dont certaines branches retombent sur le sol.  Ils datent d’avant la construction du bâtiment principal.  C’est ce qui a donné le nom actuel de la plantation, ‘Oak Alley’, l’allée des chênes.

 

 

Près de 200 esclaves ont vécu et travaillé sur cette plantation au cours de son existence, dans des conditions difficiles.  Leurs logements sont construits en bois, avec un aménagement intérieur particulièrement réduit : des murs bruts, du mobilier rudimentaire en bois brut, des paillasses sur le sol.  Les toilettes sont formées deux petits cagibis, sis à une dizaine de mètres, l’un pour les femmes, l’autre pour les hommes.

Comme dans d’autres plantations, certains esclaves étaient très spécialisés, comme le nommé « Antoine 38, créole negro, jardinier / expert greffeur d'arbres de noix de pécan ».  Antoine était passé maître dans les techniques de greffage.  Il a pu, après des essais sur plusieurs arbres, réussir à produire une variété de noix de pécan ouvrable à la main.

 

La plantation n'a pas été physiquement endommagée dans la guerre de sécession.  Mais, à cause les bouleversements économiques qui ont suivi, et surtout à cause de l’abolition de l'esclavage, la plantation n’a plus été économiquement viable.  Elle a été vendue aux enchères en 1866.

Dans les années 1920, les bâtiments sont tombés en ruine.  Ils ont été restaurés en 1925, y compris les quartiers des esclaves.

 

Si vous allez un jour en Louisiane, partez visiter les plantations : le détour en vaut la peine.  A Oak Alley, de charmantes hôtesses, en tenue du 19° siècle, vous font visiter la maison.

 

 

Laura Plantation

 

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La Laura Plantation a été construite en 1805 par Guillaume Duparc, un français originaire de Caen qui s’est battu pendant la révolution américaine aux côtés de Washington et de Lafayette.

Pour en savoir plus :

//www.lauraplantation.com

 

L'histoire de Laura plantation, c’est principalement l’histoire de quatre femmes, qui dirigèrent la plantation d’une main ferme.

La première, Nanette Prudhomme, la femme de Guillaume Duparc, dirigea la plantation pendant 21 ans.  Elle laissa ensuite les rênes à sa fille Elisabeth, qu’elle estimait plus capable que ses fils de diriger la plantation que son fils.  Elisabeth avait épousé Raymond Locoul, un riche français, propriétaire d’un château et producteur de vins de Bordeaux.  Elle fit de la plantation le important réseau de distribution de vins français en Louisiane.  Plus tard, elle partagea la plantation entre ses 2 enfants, Emile et Aimée, mais cette situation donna lieu à de fréquentes querelles.  C’est Emile qui nommera la plantation du nom de sa fille préférée, Laura.

Celle-ci dirigera la plantation pendant de nombreuses années, avant de quitter la Plantation, en même temps que son passé de créole, et d'adopter un nouveau mode de vie plus à l’américaine.  Elle est décédée en 1963, à l’âge de 102 ans.

 

Après avoir été une plantation de canne à sucre pendant plus de 180 ans, la plantation fut abandonnée en 1984.

Jusqu'à cette date, la maison n’aura appartenu qu’à 2 familles créoles et on y parlait le Français.  La plantation, inoccupée pendant 9 ans, tomba en ruines, elle aussi, et fut rachetée en 1993.  Elle fut ouverte au public en 1994 pour récolter des fonds et permettre sa restauration.

La visite, en anglais ou en français, est axée sur 200 ans de vie créole et vous raconte l’histoire de la famille Locoul, une des plus vieilles familles françaises de Louisiane.

 

Après la visite, on vous invite à acheter le livre des mémoires de Laura (Memories of the Old Plantation Home), traduit en français sous le titre « Mémoire de la vieille Plantation Familiale.

Cette histoire a été fidèlement reconstituée à partir des mémoires écrites par Laura Locoul (1861-1963), l’arrière petite-fille du fondateur de la plantation.  Dans ses mémoires, Laura retrace la vie de toute sa famille, les querelles, le traitement des esclaves, le bombardement de la maison par un bateau américain.

 

 

L’architecture de la maison est simple, typiquement créole, avec une galerie sur le devant, et de larges portes permettant à l’air frais venant du Mississippi d’entrer dans la maison.  Les poutres sont en cyprès, un bois inaltérable à l’eau et résistant aux termites.  Le double escalier sur le devant fut ajouté en 1905.

Comme toutes les maisons créoles, celle-ci fait face au Mississippi.  Elle est surélevée, en prévision des inondations fréquentes.  De plus, comme la maison est construite sur des marécages, chaque pilier descend à profondément dans le sol.

La maison comprend un coté pour les hommes et un côté pour les femmes.  A l'intérieur, les pièces sont simplement décorées et les meubles modestes.

Contrairement aux maisons américaines, qui étaient peintes en blanc, les maisons créoles sont colorées.  Ainsi, le toit de Laura Plantation est peint en rouge et les murs en jaune.

 

La cuisine se trouve à l’extérieur, à quelques mètres de la maison, pour réduire les risques d’incendie.

Plus loin se trouvaient les cabanes en bois pour les esclaves, simple et dépouillées, comme dans la plantation précédente.  Il y en a eu jusque près de 70.

 

Comme pour la Plantation Oak Alley, il y a un certain nombre de chênes multi-centenaires, de toute beauté.  Sur le côté du bâtiment, il y a un jardin français, bien symétrique.

 

C’est manifestement un coin des Etats-Unis à visiter.

 

Jacques Schwers

Le 15 mars 2014

 



15/03/2014
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